Plus de 4 000 nouveautés en 2012

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[chap]C’est le temps des bilans. Comme chaque année depuis 13 ans, Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD (Association des critiques et journalistes de bande dessinée) vient de livrer son panorama du secteur pour l’exercice 2012. Un millésime qu’il qualifie de « prolifération et polarisation » avec une production qui a encore augmenté pour la dix-septième année consécutive. Pas moins de 4 109 nouveautés sont sorties des presses cette année.[/chap]

[let]L[/let]a crise économique ne décourage pas les éditeurs de bande dessinée. Malgré un contexte commercial difficile, la production d’albums a encore augmenté en 2012 et ce pour la dix-septième année consécutive. D’après le bilan établi par Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), pas moins de 5 565 ouvrages auront été publiés cette année, soit une nouvelle augmentation de 4,28% par rapport à 2011. Si l’on s’en tient aux seules nouveautés, ce sont quelque 4 109 livres qui seront sortis des presses des maisons d’édition. Ce dynamisme ne doit cependant pas faire illusion. La conjoncture est pour le moins morose. Si les éditeurs continuent de proposer une offre abondante et diversifiée, la prolifération des nouveautés, destinées à un public atomisé, rend plus compliquée la gestion des stocks et la visibilité des albums en librairie, souligne Gilles Ratier. Même les locomotives ont désormais de plus en plus de mal à rencontrer leur public. Les 89 titres ayant bénéficié des plus fortes mises en place – emmenés par le tome 13 de Titeuf, tiré à un million d’exemplaires – affichent des tirages en baisse.

Le marché reste fortement polarisé. Les quatre premiers groupes dominent le secteur avec près de 45% de la production totale. Après le rachat de Soleil, c’est désormais Delcourt qui occupe la première place avec plus de 900 titres publiés, devant Média-Participations (780 titres), Glénat (480 titres) et Gallimard, désormais propriétaire de Casterman (330 titres). Les seize premiers éditeurs concentrent plus de 70% de la production, laissant peu de place aux quelque 310 maisons qui se partagent le reste.

Le marché reste toujours très ouvert à la production étrangère. Malgré un léger tassement, le manga représente toujours plus du tiers des nouveautés proposées dans un secteur très concurrentiel qui se réorganise sous la pression des éditeurs japonais, vendeurs de licences. Ceux-ci s’implantent de plus en plus directement sur le territoire francophone, fragilisant d’autant les 14 principaux labels leaders en ce domaine.

  • Retrouvez l’intégralité du rapport de Gilles Ratier pour l’ACBD ( ACBD BILAN 2012)